Archive pour la catégorie 'Route du Rhum'

Victorien Erussard sur le podium

Mercredi 15 novembre 2006

Multis classe 2 : Victorien Erussard sur le podium

Heureux ! Pour sa première Route du Rhum, Victorien Erussard (Laiteries de Saint Malo) a rempli tous les objectifs qu’il s’était fixés. Rejoindre la Guadeloupe et finir sur le podium. « J’ai bluffé tout le monde, s’est-il exclamé à son arrivée. Je n’avais jamais navigué en trimaran auparavant, jamais navigué au large, jamais navigué en solitaire. Je n’avais fait que du catamaran de sport. Mais j’y croyais à fond. » Le prochain attendu dans cette classe est Loïc Escoffier (Deléage & Diazo), pas avant jeudi soir.

Je suis très heureux…

Mardi 7 novembre 2006

yvan3.jpgAprès 9 jours, 0 heures, 40 minutes et 15 secondes de mer , à la vitesse moyenne de 16.35 noeuds, Yvan Bourgnon sur son Trimaran Brossard est arrivé à Pointe-à-Pitre. Il prend la 6ème place du classement de cette 8ème édition de la Route du Rhum, heureux et satisfait du travail accompli :

Alors enfin arrivé, quel sentiment prédomine ?

Je suis au bord de la piscine au Créole Beach, je vous jure que ça fait bizarre ! Je suis très heureux d’être là, j’ai eu un super accueil du Team et des partenaires présents. Et puis il y avait du vent et c’était de jour donc j’ai fait un peu le spectacle, c’était bien.

Apparemment tu avais un problème informatique et tu n’avais pas la carte de la Guadeloupe pour terminer ?

Oui effectivement, j’ai fait le tour de l’île sans carte, à vue ! Heureusement que je connaissais le coin…

Tu es au courant que ton ami suisse, Steve Ravussin (Orange Project) a chaviré et qu’il a été récupéré par un chimiquier russe ?

Oui je suis un peu choqué, c’est un pote. Il ne méritait pas ça, c’est la 3ème fois qu’il chavire, le sort s’acharne. Je suis de tout cœur avec lui.

Un mot pour les gens, les partenaires qui t’ont suivi ?

Je suis super satisfait de ma course, même si j’aurais aimé pouvoir offrir à tout le monde une meilleure place. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait du mieux que je pouvais, et j’ai acquis une grosse expérience. J’ai vraiment apprécié tous les mails de soutien, ca m’a boosté.

Un Sud pas si accueillant que cela !

Lundi 6 novembre 2006

Alors qu’il pointait en 4ème position derrière Géant, il y a encore 3 jours, Yvan Bourgnon avait finalement choisi de se décaler dans le Sud afin de tenter un coup et ne pas rester dans le sillage des premiers sans rien faire. A 262 milles de l’arrivée, au classement de 16 heures ce jour, le Trimaran Brossard pointait en 6ème position.

Alors que Lionel Lemanchois a remporté cette nuit la 8ème édition de cette Route du Rhum et pulvérisé le Record en 7 jours 17 heures 19 minutes et 6 secondes, les places se sont jouées après le passage stratégique des Açores, au moment de l’empannage pour se remettre sur la route directe. Samedi, Yvan affichait son envie : L’heure est à l’attaque. Il y a peut-être une option par dessous, par le Sud. C’est sûr que si j’étais en tête, je n’aurais pas fait ce choix, mais là il faut tenter quelque chose, ça ne sert à rien de rester derrière dans l’axe. L’angle au vent n’est pas bon mais la pression semble meilleure, la question est de savoir si davantage de vent peut compenser cet angle moins favorable…

Toute la question était là et malheureusement, la réponse est désormais connue. Le décalage dans le Sud n’a pas été payant. Loin d’être défaitiste, le skipper du Trimaran Brossard réalise sa chance « Et bien disons que sportivement, c’est frustrant d’être en retrait. Maintenant, je ne vais quand même pas me plaindre, je fais le plus beau métier du monde ! » et reconnaît la victoire d’un homme qu’il apprécie « Je suis content pour Lionel, c’est quelqu’un qui a un palmarès énorme, il méritait d’être (re)connu auprès du Grand Public. Jusqu’à présent, on le connaissait plus en tant qu’équipier que skipper. »

Avec une arrivée prévue demain matin vers 6 heures (11 heures en France), Yvan n’espère plus grand chose de cette fin de course mais envisage déjà l’avenir, avec un ton d’optimisme : « Le rythme était effréné, c’est une réelle expérience. Lionel à 46 ans, je crois, ce qui prouve que j’ai encore quelques années devant moi, le temps de progresser et d’avoir plus d’expérience ! »

L’interview du vainqueur - Lionel Lemonchois : “J’étais sur mon nuage “

Lundi 6 novembre 2006

Après les premières explosions de joie, les retrouvailles avec la famille, les amis et les membres du team Gitana, Le discret et modeste Lionel Lemonchois s’est plié de bonne grâce à l’exercice obligé des questions au ponton et de la conférence de presse. Où il revient sur sa course, sur cette traversée en état de grâce, et exprime son bonheur. Extraits.
Après les premières explosions de joie, les retrouvailles avec la famille, les amis et les membres du team Gitana, Le discret et modeste Lionel Lemonchois s’est plié de bonne grâce à l’exercice obligé des questions au ponton et de la conférence de presse. Où il revient sur sa course, sur cette traversée en état de grâce, et exprime son bonheur. Extraits.

Le premier sentiment?
C’est comme dans un rêve. Je suis dans un rêve, je suis dans un rêve… Pendant toute la course, le bateau a été magique. Il a répondu parfaitement à tout ce que je lui demandais, on a formé un tandem formidable. Et je vais finir par croire que je sais faire du bateau!

A peine 255 milles de plus parcourus que la route directe théorique. C’est très peu...
On a eu des conditions exceptionnelles qui permettaient de rester presque en permanence très près de l’orthodromie (la route théorique la plus courte, ndr), des conditions de vent portant qui se prétaient à faire un temps. Mais je n’ai pas pensé au record, juste à la course et à gagner.

Un rythme de folie?
On s’habitue à la vitesse. Quand le bateau naviguait au-dessous de 25 noeuds j’avais l’impression de me traîner… et en même temps Gitana 11 ne m’a jamais stressé. Depuis que je l’ai pris en main pour naviguer sur ce bateau en solitaire, en juin, je me suis senti tout de suite en confiance. Même à 35 noeuds sous pilote automatique, je n’ai eu à aucun moment la sensation que c’était trop ou qu’on se mettait en danger. Honnêtement, je ne me suis fait une petite frayeur qu’une seule fois, dans la bascule derrière le front au début. C’est la seule fois où j’ai tout choqué en grand, mais c’était de ma faute, pas celle du bateau.

Tu dégageais une impression de facilité et de vitesse permanente. C’était bon?
J’ai pris un plaisir incroyable, de la pointe du Grouin à l’arrivée, ce n’était que du bonheur! Et je n’ai jamais eu la sensation de m’épuiser. C’est sûr, je n’ai pas molli, je la voulais celle-là, je la sentais bien. Il fallait tenir la cadence mais j’ai la sensation de ne pas m’être fait extrêmement mal, le film s’est juste déroulé comme dans un rêve. J’étais tout seul sur mon petit bateau, sur mon nuage. Ce qui m’angoissait le plus c’était d’affronter tout ce monde qui me regarde à l’arrivée, mais ça va un peu mieux, vous me faites moins peur maintenant…

A chaque moment stratégique, tu prenais la bonne décision et accélérais encore…
Il y a eu une espèce d’osmose, tout se passait parfaitement bien, je n’ai jamais senti de faiblesse, jamais fait d’erreur de manoeuvres, tout se déroulait parfaitement, c’est incroyable. Je n’avais jamais ressenti ça à ce point-là, sauf peut-être lors du tour du monde sur Orange. Même quand je dormais j’avais l’impression d’être conscient, c’est une sensation assez bizarre. Et mes routeurs Yann Guichard et Sylvain Mondon ont fait un travail formidable, ils étaient la tête et moi les bras. Ensemble, on a réussi à rester toujours sous le vent des autres et au portant, sous le vent, c’est devant.

Envie de dire quelque chose aux détracteurs des multicoques?
Il y en a ici? (rires) Ce sont les bateaux les plus extraordinaires qu’on ait inventé. Et la quasi-totalité de la flotte va arriver dans des temps exceptionnels. Que demander de plus?

Tous tes adversaires, le monde de la voile te rend un hommage appuyé. Tous sont contents que tu gagnes, ça fait quoi?
C’est fort, ça c’est fort… (grosse, grosse émotion, il contient difficilement un sanglot). C’est vraiment fort. Pardon, je suis un peu ému… Je les en remercie.

Bravo Lionel.

Lionel Lemonchois inaugure l’autoroute du Rhum.

Lundi 6 novembre 2006

Le skipper de Gitana 11 pulvérise de plus de 4 jours le record de la reine des Transats. L’osmose parfaite entre l’homme, la machine et l’élément. La combinaison idéale. The right man at the right place. Comme un écho du concept fondateur de la reine des Transats : un homme, un bateau, un océan. Cette fois c’est un océan, un Gitana, un Lemonchois. Comme si c’était simple et tranquille. En tête depuis le 31 octobre et la sortie de Manche, Lionel Lemonchois signe ce matin, à 6h21 heure de Paris, un des plus grands exploits de l’histoire moderne de la course au large. Le record de la Route du Rhum-La Banque Postale est pulvérisé de 4 jours et 15 h et tombe à 7 jours 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, soit 19,11 noeuds de moyenne sur la route théorique et plus de 20 noeuds sur la route effectivement parcourue par Gitana 11! Énorme sensation. Bienvenue dans la légende, Monsieur Lemonchois.

Le skipper de Gitana 11 pulvérise de plus de 4 jours le record de la reine des Transats. L’osmose parfaite entre l’homme, la machine et l’élément. La combinaison idéale. The right man at the right place. Comme un écho du concept fondateur de la reine des Transats : un homme, un bateau, un océan. Cette fois c’est un océan, un Gitana, un Lemonchois. Comme si c’était simple et tranquille. En tête depuis le 31 octobre et la sortie de Manche, Lionel Lemonchois signe ce matin, à 6h21 heure de Paris, un des plus grands exploits de l’histoire moderne de la course au large. Le record de la Route du Rhum-La Banque Postale est pulvérisé de 4 jours et 15 h et tombe à 7 jours 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, soit 19,11 noeuds de moyenne sur la route théorique et plus de 20 noeuds sur la route effectivement parcourue par Gitana 11! Énorme sensation. Bienvenue dans la légende, Monsieur Lemonchois.

Victoire. Le grand trimaran bleu et blanc glisse comme un charme dans les tous petits airs antillais, pas représentatifs du tout de sa grande glissade transocéanique. Gitana 11 coupe la ligne dans un bouillonnement indescriptible et salue, hilare, la foule des mers. En écrin majestueux, la nuit caraïbe que la pleine lune illumine comme une poursuite au spectacle déroule un tapis royal pour la plus belle des conquêtes de ce marin de 46 ans né à Bayeux et citoyen de Crach’, près de la Trinité-sur-mer. Une bonne centaine de vedettes essaime autour du héros. Pointe-à-Pitre tire une révérence royale à ce touche-à-tout de génie qui n’a laissé aucune chance à ses adversaires, menant de bout en bout la traversée de l’Atlantique. Comme si la fatigue et les éléments n’avaient pas de prise sur lui. Les accros du zodiaque noteront que l’homme est Verseau, signe d’air. De l’air - et du bon - il y en a eu sur cette transatlantique de rêve, presque exclusivement disputée au vent portant.
Il est 1h21 du matin en Guadeloupe, cinq de plus à Paris et Lionel, les bras en estuaire, fait scintiller les fumigènes rouges en entrant dans la Darse où la fête bât son plein. Il saute dans son trampoline, il lève les bras. Il l’a fait. Le rêve de gosse atterrit sur le ponton béni. C’est beau.

En 7 jours et 17 heures!

L’heure n’est guère aux calculs et pourtant. Ce n’est plus une performance c’est un exploit ahurissant que signe l’ancien pêcheur de coquillages, l’ex-préparateur technique, ce dingo de la mer et de la compétition sur tout ce qui flotte. Gitana 11 et Lionel Lemonchois bouclent cette Route du Rhum-La Banque Postale en 7 jours 17 heures 19 minutes et 6 secondes. Le record de Laurent Bourgnon, vieux de 1998 est amputé de 4 jours, 15 heures et 22 minutes. “C’est incroyable, c’est génial, participer à la Route du Rhum c’est déjà un rêve, mais gagner! Je crois que je ne réalise pas encore. Je rêve, je rêve, je suis aux anges”, lâche le marin, “le bateau ne naviguait pas, il volait!”
Les chiffres donnent en effet le tournis. Lionel Lemonchois a bouclé les 3542 milles de la route théorique à 19,11 noeuds de moyenne. Avec les 255 milles courus en plus de la route théorique - un chiffre exceptionnellement faible révélateur d’une météo idéale qui permettait d’aller vite quasiment sans rallonger la route - cette même moyenne de vitesse grimpe à 20,49 noeuds!
On croyait ce genre de performance éventuellement accessible aux équipages - et pas à cette époque de l’année - mais surtout pas à un solitaire. C’est le moment de se souvenir qu’au départ de St Malo, le 29 octobre, les douze pilotes de trimaran misaient sur une traversée en 10 jours…. Ils sont loin les 23 jours de Mike Birch, lors de la première édition en 1978.
Alors oui, Lionel Lemonchois peut danser dans le trampoline de sa merveilleuse machine. Oui, le Baron Benjamin de Rotschild peut être fier de “son” skipper. De toute la saga des prestigieux Gitana armés par la branche franco-suisse des Rotschild, c’est ce marin-là qui signe la plus belle des victoires. Le Rhum en 7 jours et 17 heures. On se répète le chiffre. “Il faut que je le retienne”, dit le principal intéressé. C’est finalement le Président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, qui trouve le mot juste : “vous avez débaptisé l’épreuve. Ce n’est plus la Route du Rhum, c’est l’autoroute du Rhum!”

Extraits du palmarès de Lionel Lemonchois

. Vainqueur et recordman de La Route du Rhum-La Banque Postale 2006 sur Gitana 11
. 3e de Cannes-Istanbul en Figaro Bénéteau avec Bertrand de Broc (2006)
. Vainqueur de Londres-Alpes Maritimes sur le trimaran Groupama avec Franck Cammas (2006)
. 2e de la Transat AG2R en Figaro Bénéteau avec Dominic Vittet (2006)
. Vainqueur de la Transat Jacques Vabre sur le trimaran Banque Populaire avec Pascal Bidegorry (2005)
. Vainqueur du Trophée Jules Verne autour du monde avec Bruno Peyron sur Orange II en 50 jours 16h20′’ (2005)
. Vainqueur de Québec-Saint Malo avec Franck Cammas (2000)
. Vainqueur de la Transat AG2R avec Karine Fauconnier (2000)
. 4 Transats 6.50 dont une place de 4e et une place de 6e (1995 et 1991)

Lionel Lemonchois vainqueur de la Route du Rhum-La Banque Postale.

Lundi 6 novembre 2006

Lionel Lemonchois vainqueur de la Route du Rhum-La Banque Postale. A l’instant, Lionel Lemonchois vient de remporter cette 8e Route du Rhum-La Banque Postale, à Pointe-à-Pître. Le navigateur du trimaran Gitana 11 vient de couper la ligne d’arrivée cette nuit en Guadeloupe à 01h21 minutes et 6 secondes heure locale, soit à 6h21 minutes et 6 secondes heure de Paris.

Lionel Lemonchois et Gitana 11 bouclent ainsi l’épreuve au terme de 7 jours 17 heures 19 minutes et 6 secondes de course. Le grand trimaran bleu et blanc a ainsi parcouru les 3542 milles de la route théorique à l’extraordinaire vitesse moyenne de 19,11 noeuds. Lionel Lemonchois signe l’édition la plus rapide de toutes les Routes du Rhum depuis la création de l’épreuve, en 1978. Il dynamite le record de l’épreuve, jusqu’ici détenu par Laurent Bourgnon, qu’il améliore de 4 jours, 15 heures et 22 minutes. Phénoménal!
Lionel Lemonchois et son Gitana 11 se dirigent maintenant vers la Darse de Pointe-à-Pitre où le vainqueur livrera ses premières réactions.

Lemonchois proche de la Guadeloupe, Jourdain accélère

Dimanche 5 novembre 2006

Lionel Lemonchois (Gitana 11), à 484 milles du terme de la Route du Rhum - La Banque Postale dimanche à 4h, avec un avantage sur Pascal Bidégorry (Banque Populaire) porté à 169 milles, a programmé pour la fin de journée son passage au nord de la Guadeloupe.

Peut-il encore être devancé ? Jean Maurel, le directeur de la course, qualifiait samedi  de « confortable » une avance avoisinant  50 milles à l’îlot de la tête à l’Anglais, qu’il conviendra de laisser à bâbord pour mettre ensuite le cap sur la bouée de Basse-Terre. Pour autant, expliquait-il, un chavirage, un démâtage ou une autre grave avarie peuvent tout remettre en cause, à quelques dizaines de milles de l’arrivée. Quant à une subite baisse de régime d’ordre physique, Maurel ne l’envisageait pas. « Je n’ai jamais vu quelqu’un occupant la tête d’une course s’endormir »,  rappelait-t-il.

Lemonchois, qui s’apprêtait à pulvériser tous les records, ne redoutait guère les pièges de la navigation sous le vent de l’île. « J’ai passé quelques années de ma jeunesse à traîner là-bas », expliquait-il lors d’une liaison téléphonique nocturne.  « Je me suis promené en Guadeloupe avec des copains. J’y ai pêché des coquillages de collection et j’ai achevé à Basse-Terre une mini Transat, en 99. ». Le Normand se souvient d’avoir naviguer par le passé dans ces  zones entre les moles culminant à plus de 1000 mètres, là où la vitesse du vent peut « passer de 0 à 25 noeuds en 30 secondes dans les vallées ». Par ailleurs, le coach de l’écurie Gitana, Loïck Peyron a mis au point avec son équipe une opération repérage du plan d’eau à terre et en l’air puisqu’il s’apprêtait à survoler la zone. Lemonchois redoute un souci matériel, à l’image de celui dont pourrait, selon lui, être victime Pascal Bidégorry, dont le cap et la vitesse constituaient en milieu de nuit une énigme à ses yeux. « Il peut avoir des soucis de drisse de gennaker. Si c’est ça, il ne peut pas faire grand-chose. C’est ma hantise. On est à la merci du moindre pépin ! ». La perspective de passer « quelques heures ou quelques jours sous les projecteurs  » en cas de victoire ne semblait guère l’émouvoir. Mais Lemonchois préférait parler de son bateau : « Je vis une belle histoire d’amour avec ma bête ». Une bête attachante mais difficile à dompter qui filait encore et toujours à grande vitesse vers « l’écurie ». Tandis que Lemonchois constatait qu’il ne lui restait plus que 413 milles au compteur pour atteindre la pointe nord de la Guadeloupe.

Thomas Coville (Sodeb’O), qui faisait part de sa volonté de ne rien lâcher samedi, a reçu la récompense de ses efforts puisqu’il occupait la troisième marche du podium à la faveur des ennuis de Michel Desjoyeaux (Géant) et de la route sud empruntée par Yvan Bourgnon (Brossard).

Chez les monocoques IMOCA, le groupe des trois (dans l’ordre Roland Jourdain, Jean Le Cam à 8 milles et Jean-Pierre Dick à 12 milles) demeure en revanche très compact. Jourdain (Sill et Veolia) a été « obligé de bosser dans des conditions hyper changeantes alors que la pleine lune laissait présager une belle nuit. Toutefois, ajoutait-il entre deux grains, ce n’est pas encore l’alizé des cartes postales ». L’oubli du réveil ne l’avait pas trop pénalisé et il s’apprêtait à franchir un nouveau passage à niveau, générateur d’option. » Evoquant par ailleurs la proximité sur l’Océan de Le Cam et Dick, il ne les imaginait pas, les connaissant fort bien, « prenant l’apéritif ensemble, car ils ne vont pas mollir ».

Gildas Morvan (monocoque classe 40 Oyster Funds), en tête de sa classe, ne se relâchait pas davantage, même s’il avait dormi trois fois 30 minutes samedi. Quelque peu éprouvé par le portant dans la brise (40 noeuds parfois dans la nuit avant-hier), le leader de la classe demeurait à l’affût : « Il nous reste 2000 milles à parcourir, et il va se passer des choses, des divergences de route », très prochainement », prévoyait-il.

Dans les autres classes la situation est plus claire : 335 milles d’avance pour Crêpes Whaou ! (multis classe 2) 53 milles d’avance pour Imagine-Institut des Maladies Génétiques (multis classe 3), 99 milles pour Jeunes Dirigeants (monos classe 1), 130 milles pour Artforms (monos classe 2) et 248 milles pour Roaring Forty (monos classe 3).

communiqué.

” J’ai plus une fringue sèche…”

Vendredi 3 novembre 2006

A 8h ce matin, Yvan Bourgnon pointait avec son trimaran Brossard à la 4ème place, à 174 milles du premier : Lionel Lemonchois sur Gitana 11. Joint ce matin, Yvan bien que fatigué, est plutôt content de se rapprocher de la Guadeloupe…

Alors ça va, comment te sens-tu aujourd’hui ?

Fatigué, j’ai barré et manœuvré toute la nuit ! Mais c’est ça la course ! Je vais essayer de me prendre 2-3h pour des petites siestes.

Est-ce que tu commences à sentir l’air de la Guadeloupe ?

Oui, l’eau est plus chaude et semble moins salée, ça change tout quand tu t’en prends sur la gueule toute la journée ! J’ai plus une fringue sèche !

Tu restes à 60 milles d’une 2ème place, un podium sur cette course ce serait beau non ?

L’arrivée ça serait déjà bien ! Maintenant un podium, bien évidemment. Je suis content, et impressionné par le niveau global des concurrents, on avait tellement été critiqué. Cela montre qu’en plus d’être beau et « magique », nos bateaux sont fiables. Ils n’ont jamais été aussi sécurisants et fiables. Au niveau de la course en elle-même, je m’attendais à plus de coups météo, mais bon une course de vitesse moi ça me va très bien aussi !

Croises-tu quelques fois d’autres bateaux (pêcheurs, cargos…) ?

Oui et bien cette nuit justement, pour la première fois ! J’ai vu 2 cargos juste en face de moi, par quel hasard je n’en sais rien, et je suis passée entre les 2, à 50m de chaque, je t’assure que je me suis demandé où j’allais !

Comment est la mer en ce moment ?

Ca s’est stabilisé. Hier la mer était formée, difficile, ça secouait. J’ai passé 10h à l’intérieur avec la télécommande du pilote. Je pilotais presque à l’aveugle.  Aujourd’hui, ça glisse, c’est mieux, le bateau est moins malmené.

Que fais-tu sur le bateau avant d’aller piquer un somme ?

Je fais certains réglages, pour que le bateau aille quasiment à la même vitesse tout en étant sécurisé. Mais cette nuit je n’ai pas dormi, et  pas énormément barré.  J’ai surtout pas arrêté de faire des manœuvres sous pilote automatique ! Voilà pourquoi je suis un peu fatigué aujourd’hui !

Depuis le départ as-tu déjà utilisé le largage automatique des écoutes ?

Oui une fois, le 2ème jour. Mais de manière manuelle, ça marche bien.

As-tu fait un brin de toilettes depuis le départ ?

Oui, on a des lingettes. Surtout les parties intimes, sinon t’attrapes des pustules !

Communiqué team ocean

Des nouvelles de TRILOGIC

Vendredi 3 novembre 2006

La nuit dernière a été très éprouvante avec une mer  très formée et un vent fort ce qui a laissé que peu de répit à notre skipper pour se reposer et il le reconnaît lui même « La nuit dernière a été dure pour aller chercher la bascule de vent. J’ai terminé 3 ris trinquette avec pas mal de mer. Je suis crevé…Difficile de se reposer, car nous avons 25 noeuds grand largue pendant au moins 24 H avec de la mer. Je crains le croche-pied…C’est un type de vacance assez particulier. Vivement le boulot que l’on se repose ! »  il faut dire qu’autour de lui c’est un peu Verdun : Orange a heurté un container et se dirige vers les acores, Régis Guillemot a cassé sa mèche de safran et abandonne, et Didier Levillain a été hélitreuillé pour cause de voie d’eau. Le skipper Rochelais Benoît PARNAUDEAU a cassé un safran puis son safran de secours et se déroute vers Horta ou l’assistance de QUAI 17 Challenges l’attendra pour qu’il reparte au plus vite. Eric reste bien confiant « mon objectif depuis le début reste le podium et je suis dans le match » Impossible de rivaliser avec « Crèpes Whaou » le trimaran de Franck Yves Escoffier, plus puissant et parfaitement configuré pour ce type de course.  Eric reste en embuscade au cas ou….. et contrôle les poursuivants qui sont à 130 milles derrière lui.

communique quai 17

A chacun ses petites misères…

Jeudi 2 novembre 2006

yvan2.jpgC’est ça la course océanique, ce ne sont pas que des tracés parfaits sans accroc ! Chaque bateau, chaque concurrent a son lot de petites histoires, mésaventures, avaries à raconter. Après Gitana XI qui a failli chavirer, Banque Populaire qui a connu un problème de safran, Virbac Paprec qui a heurté un mammifère ou Roxy qui rencontre des problèmes électroniques, c’est au tour du Trimaran Brossard de connaître un petit problème…

Encore pointé 3ème hier soir à 20 heures, Yvan Bourgnon était parfaitement dans le tempo aux passages des Açores. Bien calé dans le sillage de Lionel Lemonchois et son Gitana XI, tout allait pour le mieux jusqu’au milieu de la nuit où Yvan a connu un souci avec son vérin de pilote ce qui a bloqué la barre de direction pendant de longues minutes. Un fait qu’il n’explique pas pour l’instant : Je ne comprends pas trop, le vérin s’est bloqué ce qui m’a obligé à tourner dans tous les sens pour le débloquer.

Au final, comme souvent, plus de peur que de mal. Quelques milles de perdus tout de même et le Trimaran Brossard repartait de plus belle Là je suis reparti à fond, je suis à 28 noeuds !

Au classement de 12 heures, Yvan Bourgnon pointait en 5ème position à 151,9 milles de Gitana XI.

Si la journée d’hier fut consacré au passage des Açores, où la flotte s’était scindée en 2 (ceux du Nord et ceux du Sud), les Trimarans ont de nouveau empanné pour désormais faire route directe vers l’arrivée.

Dans les prochaines heures, le vent va s’installer au secteur Nord entre 20 et 30 nœuds, permettant toujours cette glisse qu’ils aiment tant. Ils devraient passer les 500 milles en 24h, et à ce rythme là, une arrivée pourrait être prévue dans la journée de mardi, voir lundi en fin de journée !

Communiqué Team Ocean