GRAND PRIX DE RONCE LES BAINS

Les frères Neau du Proust Sailing Team ont marqué leur territoire. Ils l’emportent devant l’équipage d’Yvan Bourgnon.

neau.jpgVent idéal, météo optimum et même un secrétaire d’État (en charge des sports) pour lancer l’opération? N’en jetez plus. Nicolas Gaubert, responsable de l’école de voile de Ronce-les-Bains et grand ordonnateur de cette première édition du Grand prix de Ronce n’en demandait pas tant. Le succès de cette première l’en rend d’autant plus heureux. D’autant que les vainqueurs de ce raid catamaran dans l’estuaire et la Seudre et sur le coureau d’Oléron, en catégorie F18, ne sont autres que les locaux de l’étape, Julien et Dimitri Neau. Lesquels se sont payés le luxe de distancer les équipages de deux vainqueurs de Mini-Transat, Yvan Bourgnon et Yves Le Blévec.
Pas de triomphalisme chez les deux jeunes gens. Leur stratégie, faite de prises de risques contrôlée en fonction de leur connaissance du plan d’eau, a payé sur le long terme. « Nous avons terminé toutes les manches, notamment sur la journée de samedi, expliquent-ils. Douze bateaux ont chaviré dans celle que nous avons gagnée ! Le vent était très changeant. La difficulté de l’épreuve venait également des changements de courants selon l’emplacement sur le plan d’eau. Il a fallu finir les cinq manches dans les meilleures conditions possibles. Toutes comptaient, il n’y avait pas le droit à l’erreur. Il fallait surtout éviter la disqualification. »

De l’enjeu. Cette compétition sur le fil, très physique, a séduit les concurrents, qui repartent ravis malgré les difficultés ou la casse. « La course était super technique, explique Yvan Bourgnon, spécialistes des multicoques toutes tailles. Au cours de la dernière manche, nous étions en tête avec deux minutes d’avance sur tout le monde. Et nous sommes arrivés quinzièmes ! Rien n’était écrit ou programmé d’avance. Il fallait s’adapter en permanence, doser les risques. Il y avait de l’enjeu et du suspense jusqu’au bout. » Les parcs à huîtres, les bancs de sables mais également les bancs rocheux auront été autant de paramètres à prendre en compte. « C’est revigorant de pouvoir se confronter à des plans d’eau que nous ne connaissions pas. »
Tous ont par ailleurs loué l’organisation, sur l’eau comme à terre. « Nous avons pu enchaîner trois manches samedi sans problème, deux dimanche. C’est assez rare pour être souligné. » Le Grand prix de Ronce semble avoir de beaux jours devant lui.

Sud Ouest.