Bernard Stamm remet son titre en jeu

stam.jpg Vainqueur de la VELUX 5 OCEANS appelée précédemment Around Alone (2002/2003) qui lui avait également permis d’être sacré champion du monde, Bernard Stamm explique les raisons qui le poussent a repartir autour du monde dimanche prochain.

Pourquoi reviens-tu sur cette course ?
BS : Parce que sportivement elle m’intéresse plus que le Rhum. Je n’ai pas un bateau de la dernière génération et ce n’est pas dans ma nature de participer pour participer. Sur la VELUX 5 OCEANS, la route est longue et malgré une sérieuse concurrence, j’ai la possibilité de faire un résultat. Enfin, parce qu’on a beau faire le tour du monde, on ne le connaît jamais et qu’il faut naviguer le plus possible pour toujours progresser.

Quel est ton principal adversaire ?
BS : Moi, parce qu’il me faudra trouver le juste milieu entre la vitesse, la compétition et la sécurité, et ça repose sur le bonhomme cet exercice. Sinon, bien sûr, il y a les autres concurrents. Je pense que nous sommes trois bateaux vraiment prêts : Cheminées Poujoulat, Ecover et Hugo Boss. Les autres sont évidemment à surveiller, mais d’après ce que j’ai pu observer sur l’eau lors du prologue, ils sont plus en phase de fiabilité, ou ils connaissent moins leur bateau que nous. Je pense que ça se jouera entre nous trois. Cela dit, il y a, dans la course au large des choses que l’on ne maîtrise pas et rien n’est fait tant que la ligne n’est pas passée, les bateaux ne font pas tout, il y a aussi les bonhommes avec qui il faut compter.

Que redoutes tu le plus ?
BS : La casse, j’ai suffisamment connu de déceptions à cause de la casse, ça m’a coûté un Vendée Globe en 2004, lorsque j’ai perdu ma quille sur The Transat. Je ne redoute ni le mauvais temps, ni la pétole… encore que… sinon je ne ferai pas ce métier.

Qu’est qui te fait courir ?
Le plaisir, la passion. Ni l’argent, ni la gloire en tous les cas. Bien sûr quelquefois on se demande ce qu’on fait là. Mais c’est souvent dû à la fatigue ces coups de blues, ou quand le bateau ne marche pas comme tu veux. Bien vite, le goût de la compétition reprend le dessus et ce goût là, je l’ai bien ancré en moi.

Bernard Stamm : portrait d’un marin atypique
Travailleur acharné, excellent navigateur, Bernard Stamm mène son 60 pieds avec Maestria. Sur Around Alone (2002/2003 course autour du monde en solitaire, avec escales), il écrase littéralement tous ses adversaires.

Stamm ne baisse jamais les bras. Mieux, il rebondit et aucun échec ne le laisse longtemps inactif comme il l’avait prouvé lors du Vendée Globe 2000 quand, faute de temps et de moyens pour fiabiliser son bateau, il avait dû abandonner après 10 jours de course. A bord d’Armor Lux (1er partenaire de Bernard), il avait alors gagné New York pour tenter de battre le record de la traversée de l’Atlantique en équipage. Le défi fut relevé haut la main, en 8 jours 20 heures et 55 minutes Armor Lux atteignait le Cap Lizard et empochait le record absolu de la traversée en février 2001, doublé du record de vitesse en 24 heures (467,1 milles). Une belle revanche sur le destin qui avait contrarié son rêve de Vendée Globe.

Pour le dernier Vendée Globe, la fatalité frappe à nouveau ce marin dont la pugnacité force le respect. C’est d’un ponton des Sables d’Olonne qu’il a regardé partir ses adversaires. Par nature, Bernard Stamm, l’ancien bûcheron, est fait d’un bois, pourrait-on écrire, qui plie sans rompre. Il s’incline face aux contraintes matérielles et techniques, il encaisse et garde la tête droite avec un sourire qui en dit long sur sa détermination, puis il repart.

Repartir quand on est un navigateur professionnel signifie garder de l’énergie et trouver des gens qui vous font confiance, contre vent et marée, ce fut le cas d’Armor Lux, de Bobst Group et désormais de Cheminées Poujoulat, de la Banque Landolt & Cie et du Groupe Testo qui l’accompagneront jusqu’au prochain Vendée Globe en 2008. Parallèlement, Bernard multiplie les expériences en mer et acquiert confiance et respect auprès de ses pairs, ainsi fait-il désormais partie de la ‘Dream Team Orange’ de Bruno Peyron qui ne manque pas de l’embarquer sur ses projets comme barreur et chef de quart, dès que Bernard est disponible.

Palmarès de Bernard Stamm
2005
Vainqueur de la Rolex Fastnet
Co-détenteur du Trophée Jules Verne (Orange II)

2003 :
4ème de la Calais Round Britain Race
Vainqueur d’Around Alone (course autour du monde en solitaire avec escales)
Champion du monde Fico/Imoca
2002 : Vainqueur 2ème étape d’Around Alone,
Record de la Traversée de l’Atlantique en solitaire en mono 60’ (10 j 11 h 55 mn et 19 sec),
Vainqueur 1ière étape d’Around Alone,
Record Angleterre/Afrique du Sud en mono 60’ (29 jours 21 heures, 59 minutes et 45 secondes),
2ème du GP de Marseille,
2ème de la Regata Rubicon,
3ème du GP de Larmor,

2001
8ème de la Transat Jacques Vabre,
Vainqueur du Fastnet Race en mono 60’,
3ème du GP de Quiberon.
Record de la traversée de l’Atlantique en monocoque et en équipage (8 jours 20 heures et 55 minutes)

Source : Justine Ozoux / Tim Kelly
19-10-2006 > Communiqué de presse

En discuter sur le forum Proust Sailing

Laisser un commentaire